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Ruskin ou la religion de la beaute p Sizeranne Robert de La p

Ruskin ou la religion de la beauté

Sizeranne, Robert de La


Librairie Hachette et Cie, Paris, 1904.


In-12, demi-basane sombre , dos lisse orné de filets dorés, titre en lettres dorées, 360 pp.
Mention de sixième édition. Portrait de l'écrivain à 76 ans en frontispice (sous serpente) et un portrait de l'auteur en hors-texte.
Etat moyen ; dos frotté, 3 coins et bordures émoussés, usure de la tranche, de rares annotations au crayon, quelques rousseurs.


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Première Partie : Sa Physionomie ; deuxième partie : Ses Paroles ; troisième partie : Sa Pensée esthétique et sociale ; Notes et références ; Bibliographie.


Avocat, homme de lettres, historien d'art, esthéticien, critique d'art à la Revue des deux mondes, Robert de La Sizeranne (1866-1932) a consacré une part notable de ses ouvrages à l'Angleterre. Face au dédain persistant de nombre de Français, sa Peinture anglaise contemporaine, publiée en 1895, affirmait l'existence et la singularité irréductible d'une école de peinture anglaise, dont les origines remontaient au Préraphaélisme. Ce texte, qui parut rapidement en traduction anglaise, fit d'emblée de La Sizeranne une autorité en matière de peinture anglaise. La National Gallery fit ainsi appel à lui à différentes reprises lors de la publication de catalogues. Même si cet ouvrage présente une dimension plus historique que ses futures publications, leur 'auteur n'était pas déjà sans présenter quelques analogies avec la figure admirée de John Ruskin (1785-1864). Aux yeux de La Sizeranne, une étroite parenté reliait l'histoire de l'art et l'esthétique et ce n'est sans doute pas un hasard si ses premiers essais parurent aux éditions de la Libraire Hachette, dans la collection dirigée par l'historien d'art français Henry Lemmonier :  "Questions d'art et d'esthétique." Les essais de La Sizeranne, écrit Stephen Bann, "furent toujours marqués par un intérêt passionné pour les doctrines de Ruskin. Tout son oeuvre sur l'art anglais, sur la photographie et sur divers aspects de l'esthétique était en effet en quelque sorte programmée par sa fidèlité à l'enseignement du grand prêtre de la religion de la beauté [...] Qu'on se souvienne que, grâce à ses efforts, les écrits de Ruskin ont non seulement été glosés dans un langage presque aussi éloquent que celui du maître, mais qu'ils ont été rendus en français dans la série de traductions commencées sous son égide, à laquelle contribua entre autres le jeune Marcel Proust." ("Robert de La Sizeranne", Dictionnaire critique des historiens d'art, INHA) Ruskin ou la religion de la beauté, publié en 1897,  fut traduit en anglais deux ans plus tard par la comtesse Galloway, soeur du Premier Ministre. Lorsque le Congrès international d'histoire de l'art décida de commémorer la mort de Ruskin à Venise, en 1905, La Sizeranne fut choisi pour prononcer une conférence sur l'écrivain au palais des Doges, devant le roi et la reine d'Italie. Il le qualifia à cette occasion de "divinateur".
Dès l'introduction de son essai, transparaît la fascination de La Sizeranne pour son père spirituel : "Un homme était donc là, tout près de nous, de l'autre côté de la Manche, qui avait pris assez d'empire sur les esprits britanniques pour les acheminer vers les extases des Primitifs et leur imposer sa conception intrépidement rétrograde de la vie, du style, de l'économie, et jusque du vêtement. Cet homme avait surgi, il y a cinquante-quatre ans, avec un livre de bataille, dans une lutte qui de suite l'avait rendu célèbre, et depuis cette époque, sous le triple aspect de l'écrivain, de l'orateur et du directeur d'usine, il était apparu prêchant la triple doctrine d'un esthéticien, d'un moraliste et d'un sociologue, ou plutôt causant à bâtons rompus avec son siècle, et chacune de ses paroles était recueillie avec un soin pieux par des admirateurs et des admiratrices, comme les gouttes de sang d'un martyr." 
 

 



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