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La 628 E8 Mirbeau Octave

La 628-E8
Mirbeau, Octave


 Bibliothèque-Charpentier, Eugène Fasquelle éditeur, Paris, 1908.


In-12, demi-basane, dos à 5 nerfs, titres en lettres dorées, signet, 416 pp.
Mention de quinzième mille.
Assez bon exemplaire. Dos légèrement frotté, papier jauni, mouillure claire en page de titre, quelques plis et déchirures sur les premières et dernières pages, mal découpées, de rares passages marqués au crayon bleu.


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Dédicace. A M. Fernand Charron - Le Départ - Bruxelles - Chez les Belges - Anvers - En Hollande - La Faune des routes - Bords du Rhin.


La version complète de ce récit de voyage atypique en Belgique, en Hollande et en Allemagne parut en 1907. A la demande de la fille de madame Hanska, Octave Mirbeau (1848-1917) fut contraint de retirer les pages polémiques concernant la mort de Balzac. Dans ces passages jugés sulfureux, Mirbeau décrivait simultanément l'agonie de l'écrivain et, dans une chambre voisine, les ébats amoureux de son épouse dans les bras du peintre Jean Gigoux. Une cinquantaine de pages furent ainsi expurgées des éditions suivantes, sans trop tenir compte des raccords désormais abrupts. En 1908, une édition de luxe, illustrée par des dessins de Pierre Bonnard à l'encre, a été tirée à 225 exemplaires par Fasquelle. Mirbeau a dédié son récit à Fernand Charron, le constructeur de l'automobile immatriculée 628-E8, qui est érigée en personnage central du récit. Ce livre est un hymne à la technique et à la vitesse qui renouvelle radicalement notre perception des paysages et modifie notre vision du monde en rapprochant les peuples : "A qui dédier le récit de ce voyage, sinon à vous, cher Monsieur Charron, qui avez combiné, construit, animé, d'une vie merveilleuse, la merveilleuse automobile où je l'accomplis, sans fatigue et sans accrocs? Cet hommage , je vous le dois, car je vous dois des joies multiples, des impressions neuves, tout un ordre de connaissances précieuses que les livres ne donnent pas, et des mois, des mois de liberté totale [...]. Oui, ce qui est nouveau, ce qui est captivant, c'est ceci. Non seulement l'automobile nous emporte, de la plaine à la montagne, de la montagne à la plaine, à travers des formes infinies, des paysages contrastés, du pittoresque qui se renouvelle sans cesse ; elle nous mène aussi à travers des moeurs cachées, des idées en travail, à travers de l'histoire, notre histoire vivante d'aujourd'hui [...]. C'est pour cela que j'aime mon automobile. Elle fait partie désormais de ma vie ; elle est ma vie, ma vie artistique et spirituelle, autant et plus que ma maison." Au volant de sa voiture, Mirbeau  parcourt et démystifie le Nord de la France, traverse et caricature la Belgique de Léopold II, empêtrée dans le scandale du "caoutchouc rouge" au Congo, rend visite à Constantin Meunier. De Rembrandt à Van Gogh, la  Hollande renvoie l'écrivain à ses souvenirs de critique d'art alors que  l'Allemagne de Guillaume II, propre, moderne et cossue, constituerait à ses yeux un "partenaire économique idéal pour une France trop souvent sale et rétrograde, pour le plus grand intérêt des peuples et pour garantir la paix en Europe." Cette oeuvre inclassable ne répond à aucune catégorie préexistante : ce n'est ni un roman, ni un récit de voyage à proprement parler, ni un reportage "dans la mesure où le romancier narrateur n'a aucune prétention à la vérité documentaire et mélange allégrement les registres du vécu, du rêve et de la fantaisie." Mirbeau a créé, selon l'expression d'un critique, "un objet littéraire non identifié."

 



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