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James Ensor L homme et l oeuvre Cuypers Firmin

James Ensor - L'homme et l'oeuvre
Cuypers, Firmin


Les écrivains réunis, Paris, 1925.


In-12, broché, couverture illustrée en noir et blanc, 80 pp. env., dont 22 pp. de texte. 
Avec un frontispice en noir et blanc et 23 reproductions en noir et blanc en hors-texte.
Un des 1000 exemplaires non numérotés sur papier fin.
Bel exemplaire. Légers frottements sur les coiffes. Titre et nom de l'auteur manuscrits sur le dos.


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James Ensor - Reproductions - Bibliographie oeuvres de James Ensor - Livres illustrés - Oeuvres de Firmin Cuypers.


Ostendais comme Ensor, l'écrivain Firmin Cuypers (1922-1948) a dirigé dans les années vingt La Flandre littéraire, revue qui avait notamment pour collaborateur Michel de Ghelderode, dont on sait à quel point il fut lui aussi un admirateur fervent et précoce du peintre d'Ostende. Cuypers décrit un Ensor fantasque et asocial, qui ferait presque songer à un personnage folklorique de la Flandre ancienne, "une espèce d'indéfinissable errant", un "pélerin de l'inquiétude", selon Cuypers, un philosophe des dunes ostendaises, aux allures improbables de Kwiebe-Kwiebus.
"Je n'oubliera jamais les premières visites que je lui fis, écrit l'auteur, voici quelques années. Ensor parlait avec ces silences à lui particuliers et ses paroles tant visuelles. Avec pudeur, et si familièrement, il se dévoilait contant les épisodes d'un film baroque : sa vie [...] Nos entretiens parfois se prolongèrent. Ensor évoquait des souvenirs d'enfance, des histoires de fantômes et de bonnes flamandes superstitieuses. Dans la clarté équivoque du soir, c'était comme une lecture à haute voix d'un livre sauvage [...] Ensor était fantasque. Il taquinait les mégères du marché aux poissons, se disputait avec les bonnes [...], faillit se battre en duel avec un bossu notoire. On le vit maintes fois, disent les vieux Ostendais qui n'en croyaient pas leurs yeux, se promenant nu-tête sur la digue en jouant de la flûte. Il était accompagné de deux carlins jaunes et, pélerin de l'inquiétude, il portait déjà sa pélerine qu'il n'abandonna jamais. Il devait aussi prendre l'habitude de sortir avec un parapluie pour se couvrir contre d'éventuelles bagarres, toujours possibles prétend-il. Tous les soirs, il est le dernier client du Falstaff, cette étrange taverne de la Place d'Armes où l'on rencontre la trinité Van Offel-Crommelynck-Vandeputte."
Cuypers traduit en termes d'impropriétés savoureuses de comportement le culte de l'originalité sur lequel Ensor fondait sa conception de la modernité. Au-delà de ces descriptions -ou fictions- pittoresques qui métamorphosent sans le savoir le peintre en "artiste d'attitude", Firmin Cuypers porte déjà une attention marquée à la langue ensorienne : "il importe de ne pas méconnaître l'écrivain. Les improvisations truculentes ou ambiguës d'Ensor demeurent des leçons de libre-parler et d'expression supérieure [...] Chose prodigieuse, il publie ses premiers écrits en 1890 devançant Apollinaire, Max Jacob, dadas et surréalistes. On juge des effarements et syncopes de ses contemporains pantois. Ensor de leurs indispositions grammaticales ou syntaxiques ne s'inquiétait guère. Seuls pour lui, importaient le son, l'accent, l'allure, qui mènent le bien-dire -son bien-dire, fin et nerveux qui n'est pas d'un styliste mais d'un ornemaniste du mot." Une vingtaine d'années plus tard, Cuypers publiera un nouveau recueil sur Ensor : Aspects et propos de James Ensor, Stainforth, Bruges, 1946.
 

 



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