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Louis Leopold Boilly s L Entree au Jardin turc Siegfried Susan L

Louis-Leopold Boilly's L'Entrée au Jardin turc
Siegfried, Susan L.


Matthiesen Gallery, London et Stair Sainty Matthiesen Gallery, New York, 1991.


In-4, broché sous couverture semi-rigide rempliée de couleur verte, planche dépliante en fin de volume, 35 pp.
Avec de nombreuses illustrations en noir et blanc et en couleurs en hors-texte.
Cachet d'un musée en page de titre.
Ouvrage en langue anglaise.
Bon état. Quelques marques d'usure sans gravité sur un coin de la couverture et le dos.


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Spectacle and Display in Boilly's L'Entrée du Jardin turc par Susan L. Siegfried - Notes - L'Entrée du Jardin turc.


Présenté aux Salons de 1812 et 1814, le tableau de Louis-Léopold Boilly (né à La Bassée en 1761 et mort à Paris en 1845) se trouve depuis 2010 au musée J. Paul Getty de Los Angeles. Le maître de la scène de genre qu'était Boilly excelle ici dans l'art d'opposer la foule à un personnage -ici un couple- qui semble observer à l'intérieur du tableau la scène comme le ferait n'importe quel spectateur de la toile. Les grands boulevards ont inventé au début du XIXe siècle un espace public moderne à Paris. Entre promenades familiales et noctambulisme interlope, les classes sociales les plus diverses convergeaient vers ce lieu névralgique du loisir qui permettait d'échapper à l'emprise moralisatrice de l'intimité bourgeoise. En bon flâneur qu'il était, Boilly a parfaitement saisi l'originalité des attitudes culturelles liées à l'émergence de la culture de masse.


L'Entrée du Jardin turc, célèbre pour ses décors orientalistes, était le lieu de distraction à la mode du boulevard du Temple. Ce n'est pourtant pas cet exotisme pittoresque qui retient l'attention du peintre, mais l'extérieur : la rue devient une scène à part entière dont l'harmonie sociale semble un peu irréelle. Attirés par un spectacle de marionnettes, les badauds de la bonne société sont à la fois des spectateurs et les simples figurants d'un spectacle plus vaste : la rue. L'uniformité est telle que tout le monde ressemble à son voisin. Cette similitude aide l'observateur à projeter dans ces coquilles vides sa propre expérience biographique. Le peintre va pourtant pousser plus avant ce processus d'identification, comme le démontre dans ce catalogue l'analyse de Susan L. Siegfried, la spécialiste américaine de Boilly. Grâce à un jeu très sophistiqué de regards disséminés dans la foule, Boilly force le spectateur à entrer dans l'espace élargi de l'oeuvre. Le visiteur du Salon est donc lui aussi partie prenante de cet espace social commun, voué à la ressemblance, au divertissement et au consumérisme. Depuis la Révolution, Boilly a repensé la libre-circulation de ses oeuvres sur le modèle économique d'un entrepreneur acquis aux vertus du laisser-faire. L'Entrée du Jardin turc montre à quel point, selon Boilly,  le spectateur n'est jamais qu'un client éventuel.

 

 



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