Si le combat pour la restitution des chefs-d'œuvres anversois et flamands avait commencé à Anvers dès la fin du XVIIIe siècle, la volonté de faire revenir ces trésors artistiques pillés depuis 1794 prit une nouvelle ampleur dans la cité scaldienne après la défaite des Français à Waterloo, le 18 juin 1815.
La fondation du Royaume-Uni des Pays-Bas permet à Guillaume Ier d'entamer des négociations avec Louis XVIII pour accélérer ces restitutions. A cet effet, le peintre brugeois Joseph Odevaere fut envoyé à Paris afin de superviser l'organisation de cette opération. Malgré l'opposition de Vivant Denon, directeur du musée Napoléon -futur Muséum central des Arts-, quatre-vingt toiles sont retirées de leur cadre et emballées. Finalement, quarante-six pièces seulement seront rendues à la cité flamande.
Parti le 31 octobre 1815, le convoi, qui a quitté Paris sous escorte militaire, arrive à Bruxelles le 20 novembre, et le 5 décembre, quatre voitures parviennent à Anvers. Après vingt-deux ans d'absence, cette journée est vécue comme un véritable triomphe.
Le 15 février 1816, eut lieu la première exposition des peintures restituées et restaurées à l'Académie royale des Beaux-Arts, située dans l'ancien couvent des Récollets.
Les poèmes publiés dans cette plaquette [probablement de 1815?] révèlent l'allégresse suscitée par ce retour : "Anvers! réjouis-toi ; célèbre ce beau jour! - Ces chefs-d'oeuvre de l'Art, que l'univers t'envie, Ces superbes tableaux, animés, pleins de vie, Tant de fois désirés, sont enfin de retour.
"Dans les murs de Paris, trop vain de sa richesse, De Rubens, de Van Dyck, les ouvrages parfaits, A nos yeux, trop longtemps, avaient été soustraits ; Leur retour nous remplit d'une vive allégresse.
"C'est à toi Wellington! que l'on doit ce bonheur, Comme un des résultats de la Belle-Alliance, Reçois, avec Blucher, notre reconnaissance : Les Belges graveront vos deux noms dans leur cœur."