Peu courant, ce bel ensemble constitue l'un des rares textes publiés à la fin de la carrière de l'artiste
Le Fauconnier (Hesdin, 1881 - Paris, 1946), la dernière année de son existence plus précisément, alors que le peintre semblait de plus en plus oublié depuis son retour en France en 1921. En 1938, le philosophe et critique d'art
Pierre Angel, l'auteur de
Spiritualité de l'Art, était co-directeur de la revue
Civilisation nouvelle. Un tableau de Le Fauconnier avait d'ailleurs été reproduit dans
Civilisation nouvelle.
"Peut-être pourrait-on apercevoir, dans cette ligne ininterrompue de chercheurs", écrit Angel non sans un certain pathos, "la marque d'une spiritualité collective sous- jacente qui s'ignore ou se refuse à la connaissance, et qui canalise de la sorte, en un effort à peine conscient, ses inquiétudes et ses élans, ses craintes et ses doutes aussi, et cette lutte acharnée, douloureuse, qui la dressa toujours contre l'envahissement des nombreux, contre l'envahisseur."
Un an après la parution de cet essai,
Jules Romains préfaça un recueil consacré au peintre qui avait joué un rôle majeur dans la découverte du cubisme aux
Pays-Bas (voir la notice qui lui est consacrée), avant d'évoluer vers un expressionnisme très influencé par la leçon de Rembrandt.