Ce catalogue a été édité à l'occasion de l'exposition présentée au musée Rodin, à Paris, du 6 février au 31 mars 1996.
Le périple hollandais de 1899 est liée à la première exposition personnelle de
Rodin. C'est en effet à Amsterdam, Rotterdam et La Haye que le sculpteur français présente pour la première fois un panorama très complet de son oeuvre ; composée de sculptures, principalement des plâtres, des dessins et des photographies, cette rétrospective préfigurait en fait celle que Rodin présenterait l'année suivante au pavillon de l'Alma, à Paris.
Organisée par
Judith Cladel et également par
Philippe Zilcken pour la version haguenoise, l'exposition de 1899 reçut un accueil chaleureux de la part du public néerlandais, mais ce périple nordique représenta plus encore pour le sculpteur un pèlerinage sur les hauts-lieux amstellodamois associés à
Rembrandt. Avant même de découvrir les musées d'Amsterdam,
Rodin se rendit ainsi en compagnie de
Judith Cladel devant la maison du peintre de
La Ronde de nuit. La découverte du
Syndic des drapiers fut pour lui un véritable "coup dans la poitrine." Aux yeux de
Rodin,
Rembrandt représentait le modèle de l'artiste, au point de constituer une figure mythique déterminante dans sa propre construction personnelle. Nombre de commentateurs contemporains de Rodin ne cesseront dès lors de comparer le sculpteur du
Balzac à son versant méridional :
Michel-Ange ou plus souvent à son versant septentrional :
Rembrandt. Ces "vies parallèles" deviendront même une figure de rhétorique presque obligatoire dans la critique d'art du début du XXe siècle, chez
Camille Mauclair en particulier. En proie au rejet de son
Balzac,
Rodin puise dans sa vision de l'oeuvre autant que dans la biographie du peintre des
Syndics une caution morale et esthétique qui traverse les siècles au point de faire de ce "prophète" son semblable.
Le catalogue très riche contient également d'importants développements sur les collections hollandaises de Rodin (Van Gogh, De Hooch, Ph. Zilcken) ainsi qu'une étude sur ses relations avec le plus français des artistes néerlandais : le peintre, graveur et mémorialiste Philippe Zilcken (1857-1930).