Manessier
Liste des ouvrages

Manessier 1970-1974
Bourniquel, Camille et Encrevé, Pierre
Galerie de France, Arts et Métiers graphiques, Paris, 1974.
In-4, broché sous couverture illustrée en couleur, 64 pp.
Avec 6 illustrations en couleur in texte, dont un portrait de l'artiste dans son atelier d'Emancé, et 19 planches en couleur.
Bon état.
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Le choix de l'évidence, par Camille Bourniquel - Entretien, P. Encrevé et Alfred Manessier - L'atelier, par P. Encrevé - Biographie. - Expositions. - Tapisseries. - Vitraux. - Oeuvres appliquées. - Livres illustrés. - Films - Bibliographie.
Ce catalogue a été édité à l'occasion des expositions présentées à la Galerie de France, à Paris : 25 peintures actuelles, du 21 novembre 1974 au 2 janvier 1975, et 75 aquarelles et une tapisserie, du 16 janvier au 15 février 1975.
En 1973, Alfred Manessier est expulsé de son atelier du 203, rue du Vaugirard, lieu qui avait abrité les créations de ses trente dernières années. L'artiste allait alors rejoindre la maison et l'atelier d'Emancé.
La préface du critique Camille Bourniquel montre comment Manessier réagit à ce coup du sort : non par la négativité mais en inscrivant une nouvelle étape dans sa création :
"Que les promoteurs - ces fonctionnels débâtisseurs- fassent planer sur un peintre une menace d'expulsion ; que celui-ci, pendant tout un hiver (1972-73), vive au milieu des déblais, des marteaux-piqueurs ; que son atelier se dresse seul au-dessus des décombres, dans un quartier que le bombardement n'eeût pas rendu différent, et voici que l'artiste, chassé de son lieu, réagit à cette éviction à travers toute une série de grandes aquarelles, bouleversantes, pathétiques, soulevés par le souffle de la colère ou de la foi. Et cela, comme si, au moment d'abandonner à la destruction les murs dans lesquels il a travaillé pendant plus de trente ans, un instinct sauvage de création, une soudaine flambée militante l'amenaient à faire la somme de lui-même, de tout ce qui a nourri son oeuvre, sa vie intérieure, ses convictions politiques. Grandiose synthèse de l'homme seul opposée à cette dérisoire apocalypse, et opérée d'un seul élan, d'une même volonté, sans que se relâche un seul instant la pression opiniâtre de l'absurde.
"Telle est bien l'aventure qu'a vécue Alfred Manessier pendant cet hiver-là et, à considérer l'ampleur du résultat, on en viendrait presque à saluer dans un tel sursaut le bon usage des catastrophes."
En 1973, Alfred Manessier est expulsé de son atelier du 203, rue du Vaugirard, lieu qui avait abrité les créations de ses trente dernières années. L'artiste allait alors rejoindre la maison et l'atelier d'Emancé.
La préface du critique Camille Bourniquel montre comment Manessier réagit à ce coup du sort : non par la négativité mais en inscrivant une nouvelle étape dans sa création :
"Que les promoteurs - ces fonctionnels débâtisseurs- fassent planer sur un peintre une menace d'expulsion ; que celui-ci, pendant tout un hiver (1972-73), vive au milieu des déblais, des marteaux-piqueurs ; que son atelier se dresse seul au-dessus des décombres, dans un quartier que le bombardement n'eeût pas rendu différent, et voici que l'artiste, chassé de son lieu, réagit à cette éviction à travers toute une série de grandes aquarelles, bouleversantes, pathétiques, soulevés par le souffle de la colère ou de la foi. Et cela, comme si, au moment d'abandonner à la destruction les murs dans lesquels il a travaillé pendant plus de trente ans, un instinct sauvage de création, une soudaine flambée militante l'amenaient à faire la somme de lui-même, de tout ce qui a nourri son oeuvre, sa vie intérieure, ses convictions politiques. Grandiose synthèse de l'homme seul opposée à cette dérisoire apocalypse, et opérée d'un seul élan, d'une même volonté, sans que se relâche un seul instant la pression opiniâtre de l'absurde.
"Telle est bien l'aventure qu'a vécue Alfred Manessier pendant cet hiver-là et, à considérer l'ampleur du résultat, on en viendrait presque à saluer dans un tel sursaut le bon usage des catastrophes."
